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MémoireMettre des mots sur la Guerre d’Algérie50 ans après...
Dans une salle des manifestations bien remplie, le 19 mars 2012, les villetaneusiens ont investi la soirée de commémoration du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d'Algérie, donnant lieu à un débat de qualité, basé sur un échange avec des invités spécialistes de la question.
Faisant suite au traditionnel dépôt de gerbe, dans la rue du 19 mars 1962, la soirée de commémoration du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie a réuni plus de 80 personnes dans la salle des manifestations de la mairie. La soirée avait pour but, selon Sabrina Bousekkine, chargée de mission vie associative au Centre socioculturel Clara Zetkin et coordinatrice de l’événement, de « proposer un temps d’échange autour d'informations supplémentaires et d’aborder des thématiques peu connues, comme celle des appelés français. » Les habitants ont également pu s’attarder sur les panneaux de l’exposition « Histoire de l'Algérie, de la colonisation à l'indépendance, » présente dans le hall de la mairie.
Très conviviale, la soirée a néanmoins gardé son caractère solennel. Au détour du cocktail précédent le débat, Feriel, 29 ans, venue avec deux de ses enfants et Sofia, 24 ans, toutes deux « d’origine algérienne » parlent avec gravité : « pendant longtemps on a occulté cette guerre, maintenant on veut entendre la vérité, car beaucoup de blessures ne sont pas refermées. » Entre deux conversations, Abdel, syndicaliste et employé dans la presse écrite, revient lui sur « le massacre de dizaines de milliers d’Algériens à Sétif et Guelma, en mai 45, qui ne faisaient que réclamer leur indépendance ». Un « épisode qui [lui] reste en travers de la gorge. Beaucoup d’entre eux avaient contribué à libérer la France de l’occupation nazie, » a-t-il ajouté. De la guerre d'Algérie, Abdelkader, « 12 ans à l'époque », a gardé l'image de « trois frères assassinés par des membres de l'OAS quelques jours avant l'indépendance », dont il a découvert les cadavres sous un pont à Saint-Denis alors qu'il se rendait à l'école. Lui qui a fait « toutes les manifs avec son père et son beau-frère », a également tenu à « rendre hommage au Parti Communiste français et aux porteurs de valises, dont certains ont payé de leur vie pour la libération de l'Algérie ».
Manifestement, les villetaneusiens présents ce soir-là avaient besoin de mettre des mots sur une histoire qui reste pour beaucoup « mal digérée ». Plus de deux heures de discussions ont suivi les interventions des 5 invités, qui, par des approches diversifiées, avaient parfaitement introduit les débats face à un auditoire très attentif. L'historien Jean-Claude Polton est notamment revenu sur la période coloniale, depuis la conquête de l'Algérie par l'armée française en 1830. Dans la foulée, Mouloud Mimoun, spécialiste des films du Maghreb, a évoqué la censure dans le cinéma, reliée selon lui à la culpabilité et l'amnésie de l'armée française, coupable de tortures. Invité également, Pierre Bussone, 74 ans, a ensuite présenté l'ARAC (Association républicaine des Anciens combattants), fondée en 1917 par Henri Barbusse et Paul Vaillant Couturier. Une association qui « a toujours été pour la paix en Algérie » et qui a soutenu le mouvement des « soldats du refus », ces « jeunes français qui désertaient pour ne pas mener cette guerre ».
Beaucoup ont dénoncé le caractère tardif de la reconnaissance par l'Etat français de la Guerre d'Algérie (en 1999), longtemps qualifiée de simples « opérations de maintien de l'ordre. » Encore aujourd'hui, comme l'a rappelé Michel Butez, intervenant du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), « le travail des historiens est primordiale pour faire la vérité et travailler à la réconciliation franco-algérienne. » Un autre invité, membre du Mouvement pour la paix, a souligné par ailleurs que « la France et l'Algérie n'ont pas signé la paix avec les Accords d'Évian en 1962, mais simplement un cessez le feu ».
Mêlant les témoignages, la question des Français qui ont fait la Guerre d'Algérie, celle des crimes de guerre ou de la nécessité d'une loi mémorielle, le débat a été d'une grande richesse, faisant oublier le problème technique survenu lors de la projection du film de Medhi Lallaoui, Pour en finir avec la guerre. L'enjeu, selon madame le maire Carinne Juste, présente tout au long de cette soirée, est bien « d'ouvrir les vannes de la vérités, tant que les témoignages sont encore là. » Des témoignages qui, ajoutera Sabrina Bousekkine, permettent de laisser une trace aux nouvelles générations, afin d'éviter des conflits de mémoire. » Quelques minutes après le débat, Kevin, 15 ans, en classe de 3ème au collège Jean Vilar, confiera que son père, « à chaque fois qu'il parle de la Guerre d'Algérie, a les larmes aux yeux ». Content d'avoir assisté à « un débat de qualité », lui qui était venu « en tant qu'élève et citoyen, pour apprendre des choses », Kevin n'est pas reparti déçu.
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Voici un texte écrit par Smaïl Medjeber, écrivain Villetaneusien, qui a souhaité raconter le parcours d'un homme : « Comment ne pas comprendre et honorer la génération de nos grands-pères, de nos pères ou de nos oncles, qui se sont révoltés contre la colonisation française en Algérie ? (...) Miloud Salmi, mon oncle, était de cette génération aux convictions fortes. »
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