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Commémoration

Du sang dans la Seine !

17 octobre 1961 : souvenir d'un massacre

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d'Algériens veulent manifester pacifiquement à l'appel du FLN, contre le couvre-feu mis en œuvre par Maurice Papon, le préfet de police de Paris. La répression est sanglante. Des Algériens sont jetés dans la Seine. Aujourd'hui, cette date cristallise la dérive meurtrière qui a marqué toute l'année 1961. La Ville vous invite les 17 et 19 octobre à commémorer ce moment tragique et encore obscur de l'histoire officielle autour d'une cérémonie du souvenir place des Partages et de deux moments d'échanges au Tremplin Jacques-Duclos et au centre Clara-Zetkin.

Il pleut ce 17 octobre 1961 en fin de journée, à l'appel de la Fédération de France du FLN, au moins 30 000 Algériens convergent, en famille, vers le centre de Paris pour grossir trois cortèges autour de l'Étoile, du Quartier Latin et des Grands Boulevards. Rapidement débordées, les forces de l'ordre réagissent avec une extrême brutalité et commettent des exactions.

Au niveau du pont de Neuilly et du pont Saint-Michel, pour échapper à la violence des coups, des manifestants se précipitent dans la Seine, lorsqu'ils ne sont pas purement et simplement jetés dedans par les forces de l'ordre elles-mêmes. Du côté des Grands Boulevards, des coups de feu retentissent. Chaussures esseulées, débris de verre et flaques de sang tapissent le bitume. Par ailleurs, sur les trois grands axes, une rafle méthodique est opérée. Jusqu'à minuit, un ballet de bus réquisitionnés à la RATP débarque des milliers d'Algériens cueillis dans les rues. Jusqu'à 7 000 personnes sont entassées et brutalisées au Palais des Sports, au Stade de Coubertin, au Parc des expositions, et certains au Centre d'identification de Vincennes pour être ensuite expulsés vers l'Algérie.

Bataille de chiffres

Dès le lendemain, la préfecture de police de Paris communique un bilan fantaisiste comptant 2 morts dont un français, en face du cinéma le Grand Rex. La Fédération de France du FLN avance le chiffre de 400. Depuis lors, une bataille sur les chiffres est engagée. Aujourd'hui encore, le nombre de victimes n'est pas exactement connu car tout a été organisé pour dissimuler les faits. Lors du procès de Maurice Papon en 1997, l'historien Jean-Luc Einaudi a présenté une liste de 73 tués dont 17 sont morts le jour même, 28 antérieurement à la manifestation, 10 postérieurement, et 18 à une date indéterminée. De son côté, un autre historien, Jean-Paul Brunet, a établi le nombre de morts entre 30 et 50. Enfin, plus récemment, Jim House et Neil MacMaster, des historiens britanniques estimant ce dernier pas assez critique vis-à-vis de la préfecture de police, réévaluent le nombre de victimes à 120 Algériens.

Par ailleurs, ils décrivent la répression policière du 17 octobre 1961 comme la résultante d’une véritable « terreur d’État » instaurée par le système de répression du nationalisme algérien que Maurice Papon construisit dès son arrivée à Paris au printemps 1958. En 2003, Linda Amiri, étudiante de Benjamin Stora, historien à l'Université de Paris 13, enrichit la connaissance historique du 17 octobre 1961 et confirme cette "terreur d'État" avant, pendant et après cette date à partir d'archives inédites de la Fédération de France du FLN, de la Préfecture de police de Paris et de la CIMADE. Elle évalue avec son professeur à environ 300 le nombre de victimes survenues de septembre à décembre 1961, et à 98 le nombre de morts durant le 17 octobre !

On est bien au-delà des 38 ou 48 morts des rapports gouvernementaux commandés respectivement par Chevènement et Guigou en 1997 et 1998.

Texte Erwann Quéré

Trois moments pour comprendre et se souvenir

Pour mieux comprendre cet événement tragique et rendre hommage aux victimes, la Ville vous propose trois moments de partage et d'échanges :

• la commémoration officielle

accompagnée d'une lecture de textes et de musique traditionnelle berbère, le jeudi 17 octobre à 18 heures sur la Place des Partages
 

• la projection du documentaire "Mon Algérie"

de Raymond Mourlon et Yves Charoy avec un débat en présence de l'Historien Alain Ruscio, le jeudi 17 octobre à 19 heures au Tremplin Jacques-Duclos
 

• la conférence gesticulée "Nos ancêtres les migrants"

au centre Clara-Zetkin avec des dialogues, du jeu, des marionnettes, des chansons, des images d'archives et reprenant les analyses de l'historien Gérard Noiriel dans sons livre "L'histoire populaire de France"
Composition graphique largement inspirée de la photographie de Jean Texter réalisée en octobre 1961.

En images

Cérémonie officielle en mémoire du massacre du 17 octobre 1961

Pour la première fois, la cérémonie en mémoire du massacre du 17 octobre 1961 était organisée sur la place des Partages. Une volonté affirmée de la ville de partager la mémoire de ces moments sombres pour mieux construire ensemble le présent.

34 photos par © Erwann Quéré, le 17/10/2018

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1, place de l’Hôtel de ville 93430 Villetaneuse
Tél : 01 85 57 39 15
Email : communication@mairie-villetaneuse.fr

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