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Femmes

Femmes de combat

Maryse Condé et Martha Desrumaux

En photos : à gauche, Martha Desrumaux dans la film « La vie est à nous » de Jean-Renoir (1936) et à droite Maryse Condé (© DR).

Au centre de Villetaneuse, un nouvel équipement culturel et une nouvelle offre de logements porteront chacun le nom d’une femme qui a compté dans l’histoire sociale et culturelle de notre pays. Maryse Condé pour la Médiathèque et maison des ados, et Martha Desrumaux pour un programme immobilier mixte de logements sociaux et en accession sociale à la propriété. Portraits croisés.

Proposer, dès que possible, des figures de femmes exemplaires, et ainsi, « rééquilibrer un espace public bien trop masculin », c’est l’intention de la municipalité depuis plusieurs années déjà, et ce sont les mots prononcés par Carinne Juste, la Maire, lors de la pose de la première pierre de la  médiathèque et de l’ensemble immobilier qui l’accompagne le 7 février 2020.

Martha Desrumaux

« Je veux être ouvrière ! »

Martha DesrumauxPour la nouvelle offre de logements, il fallait une personnalité marquante de l’histoire sociale. C’est Martha Desrumaux que la Ville a choisie. Une femme qui, très tôt, s’est levée contre l’injustice, a milité pour la défense des plus fragiles et lutté pour l’émancipation des femmes.

Martha Desrumaux naît à la toute fin du XIXe siècle, en 1897, à Comines dans le nord de la France. Son enfance est pauvre. Elle est la sixième d’une famille de 7 enfants. À 9 ans, elle est placée comme domestique dans une famille bourgeoise de Lille. Elle refuse ce statut de « bonne à  tout faire » et lance : «Je veux être ouvrière !». Elle s’enfuit pour travailler dans les usines de lin, devient ouvrière du textile à 13 ans et adhère, dans la foulée, à la Confédération Générale du Travail (CGT). Dès lors débute pour elle un destin hors du commun.

À vingt ans, ne sachant pratiquement ni lire, ni écrire, elle dirige sa première grève et obtient une première victoire syndicale. Elle prend conscience de la force du nombre et de l’efficacité du collectif dans un rapport de force. En 1927, elle est à Moscou, à la tête d’une délégation de femmes et rencontre Clara-Zetkin (à l’origine du 8 mars comme journée de lutte pour le droit des femmes). En 1936, sa présence dans le film de Jean Renoir «La vie est à nous» (1), aux côtés de Paul Vaillant-Couturier, Jacques Duclos et Maurice Thorez, témoigne de son influence grandissante au sein du Parti communiste, et de son implication dans sa lutte contre le facisme.

Durant les grèves de 36, elle est la seule femme présente aux négociations de Matignon. En 1941, Martha est arrêtée et en 1942 elle est déportée au camp de Ravensbrück. À la Libération, les femmes obtiennent le droit de vote et d’être élues. Après avoir été maire adjointe à Lille, elle sera élue députée comme 15 autres femmes. Après 1950, elle poursuit ses combats pour défendre les déportés, s’engage pour la décolonisation et la paix, et milite sans discontinuer pour l’émancipation des femmes.
Martha Desrumaux décède, en 1982, le même jour que son mari Louis Manguine, lui-même ancien syndicaliste. Depuis plusieurs années, le milieu associatif et notamment «Femmes Soldaires» militent pour sa panthéonisation.

Maryse Condé

La mémoire comme ligne de vie

Maryse CondéCôté culture, pour la future médiathèque et maison des ados, la Ville a choisi la figure de Maryse Condé. Une auteure qui, comme l’indiquait  Carinne Juste le 7 février dernier, «fait partie de ces femmes qui ont refusé toute leur vie d’être prisonnières de l’ordre de chose, d’être assignées à être femme et à être noire et qui ont choisi l’art pour clamer que des possibles différents existent, que l’altérité est une richesse.»

Maryse née Boucoulon naît trois ans avant la Seconde Guerre Mondiale à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe dans un cocon familial bourgeois sans jamais avoir entendu parler d’esclavage. Elle conscientise ses origines à 16 ans en venant étudier en France, au lycée Fénelon à Paris. Dès lors, elle remonte le temps et débute sa quête identitaire. Ce voyage dans l’Histoire, elle le fera en grande partie sur le continent africain, et entre deux pensées, celle d’Aimé Césaire et celle de Frantz Fanon. Elle dira à ce propos se sentir « pleinement héritière de Césaire, tout en étant une petite sœur de Fanon», en ajoutant néanmoins une nuance : «Je n’ai jamais pu adhérer aux thèses de la négritude. Sur cette question,  j’étais plutôt une disciple de Frantz Fanon, qui disait que les Noirs ne sont nègres que lorsqu’ils sont saisis par le regard du Blanc». De cette réflexion, elle produira dans les années 80, un roman historique en 2 volumes, Ségou, lequel a ouvert à Maryse Condé les portes de la notoriété.

De cette quête enfin, elle ne se rendra jamais prisonnière, au contraire, elle y puisera notamment son émancipation littéraire en élaborant une œuvre prolifique et diverse. Traduite en plusieurs langues, l’œuvre de Maryse Condé, entre fiction, autobiographie et essais, est enracinée dans la pensée postcoloniale et féministe contemporaine. Elle a remporté en 2018, le prix « Nobel alternatif » de littérature (décerné en remplacement du Nobel officiel qui fut annulé en raison du scandale Arnault) pour son roman Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana paru en 2015.

Pour Villetaneuse, comme l’a exprimé Carinne Juste, « sa figure fait sens car Maryse Condé est une femme de mémoire, elle a été présidente du comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage et c’est un beau symbole d’inscrire son nom au cœur de notre ville ».

Contacts

Secrétariat des élus - Cabinet du maire

1 place de l’hôtel de ville 93430 Villetaneuse
Tél : 01 85 57 39 10
Email : lydia.res@mairie-villetaneuse.fr

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