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Santé

Fini de rigoler, le « proto », c’est pas rigolo

Villetaneuse mise sur la prévention

Illustration © Christophe Barette

Villetaneuse, le 4 mars 2022

L’usage détourné du protoxyde d’azote est un phénomène identifié depuis les années 70. En France, plusieurs dizaines de cas d'intoxications graves ont été rapportés au cours des deux dernières années. Villetaneuse souhaite mettre en place des temps de sensibilisation pour lutter contre ce phénomène.

Le « gaz hilarant » ou « proto », c’est du protoxyde d’azote. Il est vendu, sous forme de cartouches pour les siphons à chantilly, par exemple, ou de capsules. Son usage détourné consiste à l’inhaler par le biais d’un ballon. Les utilisateurs recherchent l’effet euphorisant. Ce type d’usage s’est amplifié, ainsi que le nombre et la gravité des complications observées. Les derniers rapports de l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail) et l’ANSM (L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé) confirment la nette augmentation des cas d’intoxication. Les signalements dans les centres d'addictologie explosent, passant de 47 en 2019 à 254 en 2020. La région Île-de-France concentre 25 % des cas.

Un encadrement plus strict

Une loi adoptée en juin 2021 tente de prévenir ce type d’usage, et d’établir un cadre plus protecteur pour la santé, en prévoyant l’interdiction de vendre ou d'offrir du protoxyde d’azote aux mineurs, quel que soit le conditionnement, dans tous les commerces, les lieux publics et sur Internet. La violation de cette interdiction est punie de 3 750 € d'amende.

Lutter contre ce détournement reste compliqué car le « proto » n’est pas classé comme produit « stupéfiant», pourtant sa consommation présente des risques. Des risques immédiats se présentent : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé, désorientation, vertiges, chutes...

En cas de consommations répétées ou à fortes doses, de sévères troubles neurologiques, hématologiques, psychiatriques ou cardiaques peuvent survenir. La consommation associée à d’autres produits comme l’alcool ou des drogues majore les risques. L’effet est certes immédiat, mais aussi à long terme sans que les utilisateurs le ressentent. Il y a des effets qui se mettent en place au niveau des nerfs. Autre effet possible, le protoxyde d’azote inactive la vitamine B12 qui intervient dans la moelle épinière et celle-ci perd son bon fonctionnement.

Plutôt prévenir

Face à ce constat et à la sous-estimation du risque qui persiste chez ces consommateurs, Villetaneuse souhaite former les acteurs qui sont au plus près des jeunes, mais aussi des familles afin de mettre en place des temps de sensibilisation. Dissuader le public de consommer, accompagner et conseiller l’utilisateur pour une prise de conscience. Devant la recrudescence des incidents et de la multiplication des capsules abandonnées sur la voie publique, plusieurs dizaines de maires ont adopté des arrêtés municipaux interdisant certains comportements en lien avec l’utilisation de protoxyde d’azote. L’efficacité de tels arrêtés municipaux reste limitée et n’a aucun impact en matière de santé publique. En cas de doute face à l’apparition de symptômes chez votre enfant, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Il saura vous conseiller et réaliser si nécessaire un bilan neurologique en urgence.

 

Christophe Barette

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