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Femmes

Gisèle HALIMI, jusqu’au bout pour la cause des femmes

Une des avocates féministes les plus importantes du XXe siècle

La Ville a souhaité rendre un hommage particulier à Gisèle HALIMI, une des avocates féministes les plus importantes du XXe siècle qui s'est éteinte l'été dernier à l'âge de 93 ans, et qui a œuvré toute sa vie pour la libéralisation de l’avortement et la criminalisation du viol.

Il y a 49 ans, durant l'automne 1972, à 13 km d'ici, au tribunal de Bobigny, cinq femmes dont une mineure sont inculpées et jugées pour avortement illégal. À cette époque, l'avortement tombe sous le coup de la loi de 1920, c'est un crime passible de la cour d'assises.

Durant ce procès très médiatisé et dans un contexte post-soixante-huitard où la lutte des femmes est croissante, Gisèle HALIMI, une jeune avocate de 34 ans, réalise une plaidoirie magistrale devenue historique* pour réclamer la relaxe de ses clientes. Elle insiste notamment sur l'aspect d'inégalité sociale du problème. « C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée ». Au final, même si elle n'obtient pas la relaxe pleine et entière pour les cinq prévenues, trois seront relaxées. Les deux peines prononcées par ailleurs sont si symboliques que le verdict ne peut que faire jurisprudence pour la suite : il sera désormais impossible, en France, de condamner l'avortement. Gisèle HALIMI vient de faire avancer le droit en même temps que la société, ouvrant ainsi la voie à la loi Veil autorisant « l’interruption volontaire de grossesse » qui sera votée deux ans plus tard, en novembre 1974.

De l’enfant rebelle à la femme libre

C’est en Tunisie, à la Goulette, que Gisèle HALIMI voit le jour. D’un père berbère et d’une mère juive, elle arrive au monde sous le nom de Zeiza Gisèle Elise TAÏEB. Très jeune, Gisèle HALIMI s’intéresse à la cause féminine, aux droits des peuples et aux libertés fondamentales. À 11 ans à peine, elle se dresse déjà contre la domination masculine au sein de sa famille et entame une grève de la faim pour ne pas avoir à servir ses frères. Le patriarcat ne lui imposera pas non plus de se marier à 15 ans. Elle étudiera ! À 18 ans, en 1945, elle prend l'avion et débarque à Paris pour y étudier le droit et la philosophie, tout en travaillant la nuit.

© Vanessa Vérillon

Elle devient avocate en 1948, s’inscrit en 1949 au barreau de Tunis et en 1956 au barreau de Paris. Plus tard, elle fait des rencontres qui vont s’avérer déterminantes, comme celles de François MITTERRAND, puis de Jean-Paul SARTRE et de Simone DE BEAUVOIR dont elle sera plus tard l’avocate. Elle politise son action, s’engage dans la défense des militants des mouvements de libération nationale en Tunisie et en Algérie, et dénonce les crimes de la décolonisation, notamment avec l’affaire « Djamila BOUPACHA », militante du MNA (Mouvement National Algérien), violée et torturée par  des soldats de l’armée  française. Elle s’implique aussi au niveau international en 1967, en présidant la commission d’enquête du Tribunal Russel sur les crimes de guerre américains au Vietnam.

Les années 1970 lui donnent plusieurs occasions d’exprimer ses talents exceptionnels d’avocate politique et féministe. En 1971, elle est signataire du « Manifeste des 343 » femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le droit à l’accès aux moyens de contraception et à l’avortement. Cette même année, elle fonde avec Simone DE BEAUVOIR, le Mouvement féministe « Choisir la cause des femmes ». Et donc, en 1972, elle se distingue au procès de Bobigny en « voulant faire le procès de la loi de 1920 ». Avec un sens politique peu commun, elle réussit à mettre en scène de nombreux témoignages « d’hommes de science » (dont trois prix Nobel) et de personnalités du monde artistique et intellectuel (dont Simone DE BEAUVOIR, Françoise SA-GAN, Delphine SEYRIG, ...), et assure ainsi à son action et pour le mouvement féministe un succès retentissant.  Quelques années plus tard, en 1978, avec la même stratégie de défense médiatisée, elle s’attaque au viol lors de l’affaire TONGLET/CAS-TELLANO devant les assises d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et contribue à l’adoption d’une nouvelle loi en 1980 définissant clairement le viol comme un crime.

Par la suite, c’est dans la sphère politique qu’elle s’investit en tant que députée entre 1981 et 1984 avec, notamment, la bataille pour l’abolition de la peine de mort en 1981. Elle consacre les années suivantes à se battre aux côtés du mouvement pour la parité homme/femme en politique, un combat qui lui tenait à cœur. Pour autant, la carrière politique l’intéresse moins que le combat féministe militant qu’elle continuera de porter jusqu’au bout.

Mère de trois garçons, dont Serge HALIMI, directeur de la rédaction du Monde diplomatique, elle a déclaré qu’elle aurait aimé avoir une fille pour « mettre à l’épreuve » son engagement féministe. «  J’aurais voulu savoir si, en l’élevant, j’allais me conformer exactement à ce que j’avais revendiqué, à la fois pour moi et pour toutes les femmes », a-t-elle confi é au Monde en 2011.

La 8 mars à Villetaneuse

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